Pour savoir si ChatGPT cite votre entreprise, posez-lui les questions que poserait un client qui ne vous connaît pas, sans citer votre nom, dans une conversation neuve. Notez pour chaque question si vous êtes nommé en premier, nommé plus loin, ou absent. Puis reposez exactement les mêmes questions quelques semaines plus tard : c'est la seule façon de voir une évolution réelle.
- L'erreur la plus fréquente : demander avec votre nom
- Étape 1 : écrire les questions comme un client
- Étape 2 : poser les questions dans des conditions neutres
- Étape 3 : noter ce que vous voyez
- Séparer les résultats par bassin géographique
- Les pièges de la vérification à la main
- Quand passer à un relevé structuré
- En pratique

L'erreur la plus fréquente : demander avec votre nom
Beaucoup de dirigeants tapent « que penses-tu de [mon entreprise] ? » et concluent que tout va bien parce que la réponse est correcte. C'est utile, mais cela ne dit presque rien de votre visibilité.
Un client qui vous connaît déjà n'a pas besoin de ChatGPT pour vous trouver. La vraie question est : que répond l'IA à quelqu'un qui cherche votre métier sans connaître votre nom ?
Étape 1 : écrire les questions comme un client
Mettez-vous à la place de trois ou quatre clients types, et écrivez les questions qu'ils poseraient. Une IA reçoit des phrases entières, souvent avec un contexte :
- « Je cherche un cabinet d'expertise comptable pour une petite SARL à Chambéry, lequel me conseilles-tu ? »
- « Combien coûte un dressing sur mesure sous pente dans la région d'Annecy ? »
- « Quel restaurant savoyard dans la vieille ville d'Annecy pour un groupe de dix ? »
Visez une vingtaine de questions, réparties entre vos prestations, vos communes, et les questions de prix ou de délai. Évitez les questions trop vagues (« meilleur artisan ») comme celles qui contiennent déjà la réponse.
Étape 2 : poser les questions dans des conditions neutres
Les réponses dépendent en partie de qui pose la question. Pour obtenir un résultat proche de ce que voit un inconnu :
- ouvrez une nouvelle conversation pour chaque question, pour que les réponses précédentes n'influencent pas la suivante ;
- désactivez la mémoire et la personnalisation si votre compte les utilise, ou utilisez une session non connectée ;
- écrivez la ville dans la question plutôt que de compter sur la localisation de votre appareil ;
- activez la recherche web si l'option est proposée, puisque c'est ce que fera un client qui cherche un prestataire.
Faites la même chose sur Google AI Mode. Les deux IA ne s'appuient pas sur les mêmes sources et ne donnent pas les mêmes résultats.
Étape 3 : noter ce que vous voyez
Pour chaque question et chaque IA, notez une situation parmi trois :
- En tête : vous êtes la première entreprise citée.
- Cité : vous êtes nommé, mais pas en premier.
- Absent : vous n'apparaissez pas.
Notez aussi, à chaque fois, les entreprises citées à votre place et les sites que l'IA mentionne comme sources. C'est souvent l'information la plus utile : elle montre où il faudrait être présent.
Un simple tableur suffit : une ligne par question, une colonne par IA.
Séparer les résultats par bassin géographique
Une mesure locale perd son intérêt si toutes les communes sont mélangées dans un seul total. Une entreprise peut être régulièrement citée à Chambéry et absente à Aix-les-Bains, même si les deux villes sont proches. Les questions, les concurrents et les sources utilisées ne sont pas forcément les mêmes.
Créez donc un groupe de questions par bassin réellement travaillé. Pour Genève, séparez aussi les formulations en français et en anglais lorsque les deux langues correspondent à votre clientèle. Pour Annecy, distinguez la ville des communes voisines si vos prospects les mentionnent explicitement.
Cette organisation permet de répondre à deux questions différentes : « sommes-nous visibles sur notre métier ? » et « dans quelles zones le sommes-nous réellement ? ». L'article sur le GEO local à Chambéry, Annecy et Genève explique pourquoi les réponses changent avec le lieu.
Les pièges de la vérification à la main
Tirer des conclusions d'une seule tentative
Une même question posée deux fois peut donner deux réponses légèrement différentes. Une absence isolée n'est pas un verdict. Ce qui compte, c'est la tendance sur l'ensemble des questions.
Changer les questions d'une fois sur l'autre
C'est le piège le plus coûteux. Si vous reformulez vos questions à chaque vérification, vous ne pourrez jamais dire si une amélioration vient de votre travail ou de la nouvelle formulation. Écrivez la liste une fois, puis ne la modifiez plus.
Ne regarder que ChatGPT
Une entreprise peut être bien citée par l'un et ignorée par l'autre. Quand l'écart est net, la cause est souvent identifiable : Google AI Mode s'appuie davantage sur la fiche d'établissement et les avis Google.
Juger sur trois questions
Trois questions ne font pas un état des lieux. En dessous d'une quinzaine, un ou deux résultats suffisent à tout faire basculer.
Quand passer à un relevé structuré
La vérification à la main suffit pour se faire une première idée. Elle devient difficile à tenir quand vous avez plusieurs prestations, plusieurs communes, et que vous voulez comparer des mesures séparées de plusieurs mois. C'est là qu'un relevé méthodique, avec une grille figée et une lecture question par question, prend tout son sens. Nous détaillons le calcul dans Comment mesurer sa part de voix dans les réponses IA ?.
En pratique
- Écrivez vingt questions sans votre nom, et gardez-les dans un fichier.
- Posez-les une par une, dans une conversation neuve, sur les deux IA.
- Notez en tête, cité ou absent, ainsi que les concurrents et les sources.
- Reposez la même liste dans un à trois mois, sans en changer un mot.
Vous pouvez comparer cette grille avec notre exemple de rapport de visibilité IA ou demander un pré-audit de votre activité et de votre zone.
Par Yann Provenza — Fondateur d'Octolab ·


